Citation du chapitre 5

Voici donc un court extrait du chapitre 5 ! Il met en vedette mon personnage principal, l’Illustre artiste Énée K. Lire la suite

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Une pensée d’Iss Énée K

 

Citation chapitre 1.2

Image créée avec le site WWW.CANVA.COM: la magie du graphisme au bout des doigts!

 

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Extrait du tome 1 de ma trilogie de science-fiction intitulé SOLEIL DE MINUIT

PROLOGUE

Les hanches nues d’une femme passent devant l’objectif de la caméra de surveillance. Camouflée dans une pierre, à l’extrémité Est de la Place de la Survie, tout près du Kanyon Ör profond de 800 mètres, la caméra capte aussitôt le mouvement des jambes et la courbe féminine des reins. Elle filme dans la lumière cuivrée du soleil couchant

Sitôt qu’elle le franchit, la femme s’éloigne de l’objectif de la caméra. À pas de félin. Avec lenteur. Elle se dirige vers le Pont de la Consécration. La distance qui sépare l’appareil de son objet permet maintenant de voir les fesses creuses et le dos vallonné de vertèbres et de côtes. La naissance des cuisses décharnées. Une chair molle deux couleurs, hâlée inégalement par le travail à l’extérieur, sous l’astre brûlant à peine atténué par la couche d’ozone devenue trop fine.

La femme s’éloigne de la caméra. Encore. Plus loin. Puis, la plante sale de ses pieds quitte les dalles de gneiss rouge bordant la Place de la Survie pour se déposer sur la structure fraîche en zinc et en aluminium du Pont de la Consécration. Autour d’elle, quatre grands écriteaux mettent le citoyen de Metrøpolia en garde. Les plus frappants, en rouge, indiquent sans détour : « Passage interdit aux Obscurs » et « Ne pas franchir sous peine de mort ». Les mots sont encerclés de crânes et des armoiries de l’armée – un demi-cercle transpercé d’une épée. Les menaces n’ont aucun effet sur la jeune personne dorénavant captée des pieds à la crinière par la caméra. Elle franchit le mur légal des pancartes rouges avec la même détermination que celle captée dès les premières secondes par la caméra de surveillance. Elle allonge un pas, puis un autre, la posture droite et solide malgré la fragilité apparente du corps, sans égards pour les indications affichées sur les panneaux blancs : « Voie exclusive aux Illustres de Zarathøustra » et « Voie aménagée pour le transport des marchandises vers la capitale ».

Et pourtant.

Pourtant, cet être qui traverse les menaces d’exécution et qui s’enfonce davantage sur le pont long d’un point deux kilomètres EST un Obscur de Metrøpolia. Oui, elle est Obscure, et non pas Illustre. Ça se perçoit à la silhouette osseuse, à la peau rougie et brunie, par endroit quasi translucide. Ça se voit à la finesse des muscles des cuisses, qui tremblent à chaque nouveau pas franchi.

Quelque chose cloche.

La sirène d’alarme retentit sitôt que la femme atteint le capteur de mouvements, à 30 mètres de l’entrée du Pont de la Consécration. Alors, l’intruse cesse tout mouvement. Son corps se fige, jambes écartées, épaules dégagées. Mains entrouvertes suspendues dans l’air tendu.

Deux soldats quittent en catastrophe leur poste de surveillance, situé à 100 mètres du début du pont. Ils accourent, carabine à la main, vers l’Obscure responsable de la sirène stridente. À 60 pas de leur cible, ils s’arrêtent et la mettent en joue.

C’est alors que la mire de leur fusil leur fait voir ce qui cloche.

Stupéfaits, ils réalisent simultanément que l’intrus est une femme complètement nue et que cette femme est gravement blessée à l’abdomen. Une plaie ouverte strie son ventre, dessous le sein droit. L’emplacement de l’estomac; un organe recherché sur le marché, songe la femme soldat en serrant les mâchoires. Un coup d’œil de plus dans sa mire lui permet de confirmer qu’il n’y a aucun signe d’arme sur l’Obscure illégale. Impossible d’en cacher une avec cette nudité intégrale.

Les deux militaires en charge de la surveillance du pont échangent un regard de concertation. Leur ordre est de tirer sur tout Obscur qui franchit la limite du pont. Sauf que cette femme offre un étrange spectacle qui pique la curiosité. Ils hésitent.

À distance, l’imposteur sourit en elle-même tout en conservant la splendeur de l’indifférence sur son visage. Les gardes n’ont pas fait feu sur elle. Son plan fonctionne.

Le Pont de la Consécration perd quant à lui de son lustre à chaque instant qui passe. Des gouttes de sang clair tracent l’itinéraire de l’Obscure en rouge vif.

De l’index et du majeur droits s’écoule l’hémoglobine avec la régularité d’un métronome.

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