Feu créateur

 

Dans les œuvres littéraires, le feu est associé à la passion, au désir, à la violence fulgurante des émotions. On brûle d’amour pour l’autre. Notre ventre s’enflamme de feux d’artifice à sa seule pensée. On explose pour un baiser. 

Le feu, origine de toutes les pulsions charnelles, nous consume. Et souvent, la seule façon de le calmer est de s’y abandonner complètement.

La glace, quant à elle, ne dit rien qui vaille dans une œuvre. Symbole ultime des sentiments et des sensations figés, elle enveloppe le cœur et le corps et signe son arrêt complet.  

Un regard de glace vous pétrifie. Une âme glacée vous arrache au monde. Vous n’êtes plus que froideur et indifférence. Une sculpture rigide que rien ne peut transpercer.

Oui, en littérature, le feu et la glace incarnent le yin et le yang. Ils sont deux facettes d’une même réalité, les deux côtés de la médaille qu’est notre rapport au monde.

Et souvent, ce n’est que lorsque les flammèches du feu renaissant en nous s’allument que nous réalisons ce qui nous est arrivé : nous étions devenus glace.

Sans nous en apercevoir, notre cœur s’est mis à battre moins fort. Notre respiration s’est amenuisée. Notre cerveau s’est progressivement refermé sur lui-même. Notre conscience s’est recroquevillée comme une huître.

Que s’est-il passé pour que le froid envahisse notre âme et notre corps? Comment avons-nous pu laisser les frissons de la vie disparaître sous le givre?

Voilà des questions auxquelles le feu conquérant exige des réponses.

Lentement, mais avec volonté, nous retrouvons la chaleur, vestige d’une vie passionnée qui nous a échappé. Lentement, nous nous accrochons à ce vertige de retrouver qui l’on est. Nous nous connectons à notre vraie nature. Nous replongeons avec délice dans le feu de nos tripes pour trouver l’énergie de faire ce que l’on aime vraiment.

Le feu reprend.

Et tout à coup, la créativité émerge des limbes glacés. Plus forte. Plus dynamique qu’elle ne l’a jamais été. Libre et puissante, la créativité réactive le feu en le nourrissant de mille étincelles de génie.

Et c’est là, bouillonnant tel un volcan, que nous sommes à nouveau aptes à nous aimer avec la passion d’un amour naissant. Nous redevenons, enfin, créateurs de notre vie.

 

 

 

 

 

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