Que nous apprennent les films de science-fiction?

Qu’on se le dise : je ne suis pas conspirationniste. Je ne navigue pas sur les eaux houleuses des internets à la recherche de preuves pour confirmer que les gouvernements conspirent notre fin à tous. Non, je ne suis pas de ceux-là…

Mais tout de même!

Pour avoir enseigné ce qu’est la propagande à mes étudiants. Et pour avoir démontré son flirt indécent avec la publicité, je dois avouer que je me méfie des messages qui sont envoyés à la population. Probablement un peu plus qu’il n’est sainement permis!

C’est que, voyez-vous, notre monde est gouverné par une poignée de grandes puissances. Des multinationales aux pouvoirs presque illimités! Des puissances qui décident pour nous, d’avance, ce qui comblera nos cœurs supposément vides, prêts à se gaver de leurs produits dérivés pour éviter le vertige de n’être rien.

J’ai développé avec les années un réflexe tout simple — et oh combien efficace! – pour découvrir ce qui se cache derrière les œuvres que je consomme. De façon systématique, quand je referme un livre ou me détourne d’une pub ou éteins la télévision, je me pose ces 2 questions :

Quel est le message qui se cache derrière? Qu’est-ce qu’on veut m’apprendre?

Vous ferez l’exercice! Mais gare à vous! Vous pourriez ne pas aimer ce qui se trouve derrière votre œuvre favorite.

Des exemples? J’ai remarqué, ces dernières années, que les films de science-fiction qui s’adressent aux jeunes adultes regorgent de propos conçus pour nous rendre esclaves. Et pas n’importe quels esclaves!

Des esclaves soumis, qui acceptent docilement leur sort. Des esclaves dirigés par une élite cruelle et implacable, indétrônable. Une élite qui agit comme si nous n’étions que de vulgaires rats prisonniers d’une cage. Des rats rassemblés pour une expérimentation sans morale aucune.

Qui n’a pas été marqué par la finale de la trilogie Hunger Games? Qui gagne vraiment dans cette guerre qui détruit jusqu’à l’héroïne principale? Peut-être ne l’avez-vous pas perçu dans le film, mais dans le livre, Katniss Everdeen prend des décennies pour se refaire une tête et enfin accepter d’enfanter.

Dans cette œuvre, on nous apprend que les dirigeants au-dessus de nous seront toujours d’exécrables personnages prêts aux pires atrocités pour maintenir leur pouvoir. Que ce soit le Président Snow, du Capitole, ou la Présidente Coin, du secteur 13, la violence et la mort semblent incarner leur seule voie d’avenir. Bon, au moins, me direz-vous, il y a là l’égalité des sexes! C’est déjà ça de pris!

Qu’en est-il dans la trilogie Divergence? Avez-vous eu l’horreur d’écouter le dernier film? Sans vous dévoiler la fin, laissez-moi seulement répondre à mes questions d’autodéfense intellectuelle.

Quel est le message qui se cache derrière? Eh bien, on nous balance par la tête qu’il est tout à fait justifié d’emprisonner des humains et de les épier jusqu’à leur refuser toute intimité, voire toute volonté intrinsèque. Oui, pour mener à bien une expérience censée prouver que l’humain peut évoluer, il est tout à fait juste de placer des cobayes dans une ville à moitié détruite et de les laisser s’autodétruire. D’accord avec ce principe?

Et dans cette trilogie, qu’est-ce qu’on veut m’apprendre? On veut vous apprendre à vous contenter de «sauver» votre cage de verre et à vous y sentir à la maison. Car après tout, pourquoi tenter de détruire ceux qui nous menace d’en haut? Ils sont si inatteignables! Si imbattables! Si monstrueux! Le mieux, c’est encore de fermer les yeux et d’oublier qu’il y a parmi la population des purs et des défaillants. Bref, des catégories qui nous rappellent la source de l’esclavagisme colonial et que seule une élue peut protéger à bouts de bras, on ne sait pour combien de temps encore…

Je termine mon exposé d’exaspération avec la série de films Le Labyrinthe. Là encore, que nous livre l’élite mondiale? Une belle histoire de cité hermétique ayant pour objectif avoué d’«étudier» l’humanité d’en haut. De là-haut, oui oui. Du ciel, tiens! Dieu est mort? Eh bien, on l’a remplacé par des caméras omniscientes capables de s’introduire dans les pores de notre peau!

Est-ce possible de fuir cette prison? Certes. Si on est Thomas, l’élu aux jambes rapides. Triss, l’élue aux valeurs intégrales. Ou Katniss, l’élue au courage de plomb. Où irons-nous alors? Nous frotter à nos demi-dieux créateurs et amoraux? Leur apprendre ce qu’est la vraie vie? Irons-nous changer les règles qui nous ont mené en prison? J’en doute! Car le message demeure le même d’une œuvre à l’autre.

Oui, nous sommes l’élite, et nous vous observons. Nous existons, cela est vrai. Mais n’essayez surtout pas de nous détrôner. Jamais vous ne sauriez gagner sans perdre tout ce qui vous est cher, misérables rats de laboratoire.

J’aime la science-fiction. Je parviens même à aimer ces films dont la trame de fond m’horrifie et m’indigne.

Je vous promets une chose : mon œuvre de science-fiction ne sera pas porteuse de ce message. Même si cela promet de jeter des obstacles sur la voie de mon succès!

Je crois encore qu’une œuvre peut nous élever. Nous rapprocher de la lumière. Et c’est ce que je m’engage à vous offrir avec Condamnés à Guérir! Je ne vous dis pas que le chemin sera parsemé de fleurs. Seulement que je ne tenterai de vous vendre l’idée qu’il faut se laisser manipuler sans broncher sous peine d’être puni!

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