Le secret des concours

Vous est-il déjà arrivé de vous lever un matin et d’avoir l’impression que tout était possible? Un de ces matins où l’on voudrait s’enregistrer tellement on est impressionné par les mots qui sortent de notre bouche! Un de ces matins où on se sent aussi fort que Popeye dopé aux épinards! Aussi brillant qu’Einstein en train de sortir du cadre?

C’est dans un tel état de haute performance que je me suis lancée en février dans la participation à deux concours littéraires. Pas un! Voyons! Deux! 😛

En recevant un courriel du Conseil de la Culture d’Abitibi-Témiscamingue, qui annonçait fièrement la tenue de la 16 ième remise de prix dans la discipline «Conte et littérature», mon cœur s’est emballé.

Ces concours sont pour moi!

Me suis-je dit, le feu aux joues.

Attention, j’arrive! Je défoncerai toutes les portes pour faire l’entrée la plus incroyable dans l’univers culturel de ma région! Regardez-moi bien remporter les deux prix!

Ouais… Ça, c’était mon état d’esprit, ce fameux matin où je me prenais pour Che Guevara en me répétant:

Soyons réalistes. Exigeons l’impossible! 😛

Jour après jour, je me suis attelée à la tâche ardue. J’ai produit toutes les pièces à conviction exigées – oui oui, pour créer la conviction des juges! Démarche artistique? Voilà! Curriculum vitae? Tadam! Dossier de presse? Rendu là, plus rien pour m’arrêter! Et vlan!

J’ai produit une quantité ahurissante de documentations intellectualisant ma création littéraire. Est-ce que j’y ai perdu? Non! Ça non… La magie, dans l’écriture, c’est que plus on écrit, plus on se découvre soi-même. Je suis donc très reconnaissante envers ces concours. Ils m’ont littéralement écarquillé les paupières, et m’ont permis de mieux me reconnaître en tant qu’écrivaine.

Bravo! Merci! Et génial que j’aie foncé dans ce processus d’autoreconnaissance grâce aux concours!

Mais voilà… Il y a un autre versant aux fameux concours, quels qu’ils soient. Il s’agit de l’univers secret des concours. La face cachée de leur brillante lune pleine de promesses!

En vérité je vous le dis, une fois tous mes documents remis pour participer aux concours, une autre forme de matin s’est mise à s’enchaîner. Ces matins où on se retrouve avec un point d’interrogation collé au front. Ces matins où on voudrait disposer de la voiture futuriste de Retour vers le futur pour avancer le temps, qui semble arrêté. Ces matins où… bon, je vous épargne le tableau!

Après la participation aux concours? L’attente du résultat. De la fameuse remise qu’on imagine si glamour!
pendu

Au tarot de Marseille, cette période est présentée par la carte du pendu. Tout ce qu’on peut faire, c’est attendre. Tendre l’oreille pour entendre ce qui se trame. Ou, mieux, se brancher sur notre propre intuition.

Accepter l’immobilité, même si elle nous est imposée. Ne pas trop fonder d’espoirs sur ce qui viendra après. Juste être. Dans le présent. Et essayer d’apprécier le chemin, même si l’état de transition est moche et que la plupart du temps, on se dit que cette expression, c’est de la foutaise!

Je ne sais pas encore si j’ai gagné ces concours. Je vous avoue que je commence à être à fleur de peau. À douter de la crédibilité de ma candidature. Plus fatiguée qu’enthousiaste face à l’issue de tout ça…

Le vrai secret des concours serait-il qu’il faut apprendre à s’en contreficher? À se distancer de cette fatidique journée de remise qui promet frissons ou glaçons?

Gagner est grisant! Cela est évident. Mais après tout, avons-nous besoin du regard de l’Autre pour légitimer notre art? Ce regard est-il essentiel à notre réussite?

 

 

 

 

 

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Que nous apprennent les films de science-fiction?

Qu’on se le dise : je ne suis pas conspirationniste. Je ne navigue pas sur les eaux houleuses des internets à la recherche de preuves pour confirmer que les gouvernements conspirent notre fin à tous. Non, je ne suis pas de ceux-là…

Mais tout de même!

Pour avoir enseigné ce qu’est la propagande à mes étudiants. Et pour avoir démontré son flirt indécent avec la publicité, je dois avouer que je me méfie des messages qui sont envoyés à la population. Probablement un peu plus qu’il n’est sainement permis!

C’est que, voyez-vous, notre monde est gouverné par une poignée de grandes puissances. Des multinationales aux pouvoirs presque illimités! Des puissances qui décident pour nous, d’avance, ce qui comblera nos cœurs supposément vides, prêts à se gaver de leurs produits dérivés pour éviter le vertige de n’être rien.

J’ai développé avec les années un réflexe tout simple — et oh combien efficace! – pour découvrir ce qui se cache derrière les œuvres que je consomme. De façon systématique, quand je referme un livre ou me détourne d’une pub ou éteins la télévision, je me pose ces 2 questions :

Quel est le message qui se cache derrière? Qu’est-ce qu’on veut m’apprendre?

Vous ferez l’exercice! Mais gare à vous! Vous pourriez ne pas aimer ce qui se trouve derrière votre œuvre favorite.

Des exemples? J’ai remarqué, ces dernières années, que les films de science-fiction qui s’adressent aux jeunes adultes regorgent de propos conçus pour nous rendre esclaves. Et pas n’importe quels esclaves!

Des esclaves soumis, qui acceptent docilement leur sort. Des esclaves dirigés par une élite cruelle et implacable, indétrônable. Une élite qui agit comme si nous n’étions que de vulgaires rats prisonniers d’une cage. Des rats rassemblés pour une expérimentation sans morale aucune.

Qui n’a pas été marqué par la finale de la trilogie Hunger Games? Qui gagne vraiment dans cette guerre qui détruit jusqu’à l’héroïne principale? Peut-être ne l’avez-vous pas perçu dans le film, mais dans le livre, Katniss Everdeen prend des décennies pour se refaire une tête et enfin accepter d’enfanter.

Dans cette œuvre, on nous apprend que les dirigeants au-dessus de nous seront toujours d’exécrables personnages prêts aux pires atrocités pour maintenir leur pouvoir. Que ce soit le Président Snow, du Capitole, ou la Présidente Coin, du secteur 13, la violence et la mort semblent incarner leur seule voie d’avenir. Bon, au moins, me direz-vous, il y a là l’égalité des sexes! C’est déjà ça de pris!

Qu’en est-il dans la trilogie Divergence? Avez-vous eu l’horreur d’écouter le dernier film? Sans vous dévoiler la fin, laissez-moi seulement répondre à mes questions d’autodéfense intellectuelle.

Quel est le message qui se cache derrière? Eh bien, on nous balance par la tête qu’il est tout à fait justifié d’emprisonner des humains et de les épier jusqu’à leur refuser toute intimité, voire toute volonté intrinsèque. Oui, pour mener à bien une expérience censée prouver que l’humain peut évoluer, il est tout à fait juste de placer des cobayes dans une ville à moitié détruite et de les laisser s’autodétruire. D’accord avec ce principe?

Et dans cette trilogie, qu’est-ce qu’on veut m’apprendre? On veut vous apprendre à vous contenter de «sauver» votre cage de verre et à vous y sentir à la maison. Car après tout, pourquoi tenter de détruire ceux qui nous menace d’en haut? Ils sont si inatteignables! Si imbattables! Si monstrueux! Le mieux, c’est encore de fermer les yeux et d’oublier qu’il y a parmi la population des purs et des défaillants. Bref, des catégories qui nous rappellent la source de l’esclavagisme colonial et que seule une élue peut protéger à bouts de bras, on ne sait pour combien de temps encore…

Je termine mon exposé d’exaspération avec la série de films Le Labyrinthe. Là encore, que nous livre l’élite mondiale? Une belle histoire de cité hermétique ayant pour objectif avoué d’«étudier» l’humanité d’en haut. De là-haut, oui oui. Du ciel, tiens! Dieu est mort? Eh bien, on l’a remplacé par des caméras omniscientes capables de s’introduire dans les pores de notre peau!

Est-ce possible de fuir cette prison? Certes. Si on est Thomas, l’élu aux jambes rapides. Triss, l’élue aux valeurs intégrales. Ou Katniss, l’élue au courage de plomb. Où irons-nous alors? Nous frotter à nos demi-dieux créateurs et amoraux? Leur apprendre ce qu’est la vraie vie? Irons-nous changer les règles qui nous ont mené en prison? J’en doute! Car le message demeure le même d’une œuvre à l’autre.

Oui, nous sommes l’élite, et nous vous observons. Nous existons, cela est vrai. Mais n’essayez surtout pas de nous détrôner. Jamais vous ne sauriez gagner sans perdre tout ce qui vous est cher, misérables rats de laboratoire.

J’aime la science-fiction. Je parviens même à aimer ces films dont la trame de fond m’horrifie et m’indigne.

Je vous promets une chose : mon œuvre de science-fiction ne sera pas porteuse de ce message. Même si cela promet de jeter des obstacles sur la voie de mon succès!

Je crois encore qu’une œuvre peut nous élever. Nous rapprocher de la lumière. Et c’est ce que je m’engage à vous offrir avec Condamnés à Guérir! Je ne vous dis pas que le chemin sera parsemé de fleurs. Seulement que je ne tenterai de vous vendre l’idée qu’il faut se laisser manipuler sans broncher sous peine d’être puni!

Nouveautés pour mes patrons-mécènes!

Je l’avoue, je suis incapable de cesser de penser à vous, chers lecteurs! De cesser de songer à de nouvelles façons de vous rejoindre. De vous toucher l’âme et le cœur. De réfléchir à de nouvelles méthodes pour vous gâter!

En ce lundi 14 mars, j’ai trouvé! Oui oui! 🙂

J’offre maintenant deux nouvelles contributions à mes patrons-mécènes sur Patreon!

Pour 3 $, un patron-mécène peut maintenant accéder à un chapitre inédit de SOLEIL DE MINUIT par mois! Ce qui fait que le patron-mécène de 5 $ en recevra dorénavant 2!

Pensez-y : 3 $, qu’est-ce que ça représente dans votre porte-monnaie? Un café latté? Quelques heures dans un parcomètre? Un chocolat chaud au Gisement? Un billet pour accéder au bain libre?

Un tout petit 3 $ pour vous est un GRAND 3 $ pour l’artiste que je suis! Votre contribution m’amène un précieux nouveau lecteur! Votre contribution me rapproche de mon but de vivre de l’écriture. Mieux! Votre contribution me permettra d’offrir plus tôt mon œuvre révolutionnaire au monde entier!

Que ferez-vous de votre petit 3 $ aujourd’hui? L’investirez-vous dans une œuvre de science-fiction qui vous captivera un chapitre à la fois?

Voilà, c’est dit! Mon ode au 3 $ est faite! 🙂 Je peux vous présenter ma deuxième nouveauté!

Alors, roulement de tambours, ta ta ra ta ta ra ta ta ta : j’offre maintenant des services de soutien aux écrivains en devenir! Oh que oui! 

Depuis que je me suis lancée comme écrivaine professionnelle en janvier 2016, je m’aperçois que mon rêve d’écrire est contagieux. Plus j’en parle, plus je m’affirme dans ma vocation, et plus les gens m’approchent pour me parler de leur projet intime d’écriture. Ça me ravit au plus haut point, car :

  1. je ne suis plus seule à être habitée par une histoire!
  2. ma passion déborde sur les autres et fait émerger la leur!
  3. j’ai tout un bagage à partager avec mon expérience et mes formations collégiales, universitaires et du centre Mini Génie!

Ainsi, pour la modique somme de 15 $ par mois, j’offre mon soutien à l’écrivain :

  • des conseils littéraires à chaque premier du mois (théorie, exemples, ateliers)
  • le privilège d’être lu et commenté par moi (à raison de 5 pages par mois)
  • l’opportunité de me poser des questions sur ma page Patreon, dans la section «Patron Posts»

N’est-ce pas que la vie est belle? 🙂 Une formation littéraire peut facilement grimper dans les 500 $. Profitez de cette belle occasion pour vous initier au monde de la création littéraire!

Deviens mon patron-mécène sur

www.patreon.com/joseanelecrifaine

 

Je me vois en l’Autre

Constamment! Et de façon déroutante.

Je croise une personne. Une âme. Un artiste. Et je réalise que je me vois en l’Autre.

C’est en lisant le magazine français Causette que j’ai fait la rencontre de l’écrivaine Laura Kasischke. J’ai été frappée par ces mots :

Roman après roman, elle [Laura K.] réussit à mêler les mondes intérieur et extérieur, le vivant et l’inanimé […]

Voilà! Voilà que je me vois en l’Autre! Même si l’écrivaine américaine Laura Kasischke vit à des kilomètres de chez moi. Dans un pays aux mœurs parfois à des années-lumière de moi. Et même si elle écrit des romans sombres au suspens glaçant! Moi qui ai horreur de l’horreur!

Laura Kasischke me touche au-delà de toutes ces différences. Je me vois en elle. Car sa façon de créer, d’évoquer des atmosphères et d’animer ce qui semble mort au regard de l’Humain se rapproche intimement de ma démarche artistique.

En lisant ces lignes, j’ai eu l’impression de vivre à travers elle. De mieux me comprendre à travers elle. D’être liée à elle…

Aujourd’hui le 10 mars, j’ai participé à mon premier événement culturel à titre d’écrivaine assumée. Je me suis présentée à une journée d’échange intitulée «Espace Création», organisée par le Conseil de la Culture de l’Abitibi-Témiscamingue.

Et vous savez quoi?

Là aussi, je me suis vue dans l’Autre! 😛

Citation du chapitre 3

Bonjour chers lecteurs!

Mon écriture en amont et en aval avance bien! La preuve? J’ai terminé hier l’écriture toute fraîche de mon chapitre 17! Et la révision littéraire – post formation – de mes précédents chapitres en est à 48 pages sur 90. Je persévère; c’est ma passion! 🙂

Pour célébrer le tout, voici une nouvelle citation tirée de mon tome 1, Soleil de minuit!

Pont consécration chapitre 3